Lettre d’indignation du Président de la FNSPF suite au Congrès Urgences 2019

Lettre d’indignation du Président de la FNSPF suite au Congrès Urgences 2019

A l’attention de : -Mmes et MM. les DDSIS et DDASIS ;

                               -Mmes et MM. les Médecins-chefs de SDIS ;

                               -Mmes et MM. les administrateurs de la FNSPF, de l’ODP et de la MNSPF ;

                               -Mmes et MM. les présidents d’UDSP et d’URSP ;

                               -Mmes et MM. les grands électeurs de la FNSPF ;

                               -Mmes et MM. les membres des commissions et sous-commissions du SSSM.

 

Chers amis,

 

Au début du mois de juin, s’est tenu à Paris le congrès « Urgences 2019 » organisé par la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et SAMU-urgences de France (SUdF). A cette occasion, comme c’est l’usage, les présidents de ces associations ont tenu des discours publics destinés à exposer les orientations qu’ils mettent en œuvre. Ces discours ont été publiés sur l’Internet aussitôt après le congrès pour certains, plus tardivement pour d’autres.

 

J’ai donc regardé ces vidéos en ligne afin de comprendre quel était l’état d’esprit de celles et ceux représentant nos partenaires hospitaliers dont nous connaissons les difficultés actuelles et avec lesquels nous tentons depuis des années de construire une articulation efficiente au profit de la population.

 

Je vous le dis tout net : j’ai été profondément choqué d’entendre ce que j’ai entendu.

 

C’est la présidente de la SFMU qui a ouvert le bal, dans le discours qu’elle a prononcé devant la ministre de la Santé, en présentant les CTA des sapeurs-pompiers comme des obstacles à la qualité du service rendu à la population : « Nous sommes inquiets Madame la Ministre, comment faire de la qualité SAMU avec des appels santé qui ne sont pas décrochés par du personnel de la santé ? Avec des engagements intempestifs de moyens de secours qui impactent la pertinence et les démarches de soins, non maitrisables par nous mais qui nous sont facturés quand même ? ».

Faut-il rappeler que nos CTA reçoivent, au contraire de cette idée fausse, des appels de personnes qui n’ont pas réussi à joindre le 15 faute de délais de décroché acceptables pour un numéro d’urgence qui se prétend recevoir les appels depuis l’arrêt cardiaque à la rage de dents en passant par les conseils en cas de canicule ?

 

Plus tard, dans une conférence « TEDx » (destinée à « diffuser des idées qui en valent la peine »), le président de SUdF annonce qu’il va « faire un peu de science quand même, parce qu’on est dans un congrès scientifique ». Et c’est donc au titre de cette « science » qu’il s’est ensuite fait applaudir en affichant une illustration d’un homme de Néandertal à côté d’un gilet d’intervention d’un infirmier sapeur-pompier et en déclarant « comme dans l’évolution, il y a des branches, en tous cas c’est mon point de vue, qui sont vouées à la disparition. Néandertal a apporté son ADN dans notre construction, c’est à dire qu’il a été indispensable à un moment donné, mais il n’a pas survécu ».

Cette comparaison a beaucoup choqué les sapeurs-pompiers et j’ai moi-même aussitôt relevé son caractère puéril et navrant, particulièrement au moment même où ce sont des infirmiers sapeurs-pompiers qui pallient les fermetures de SMUR, comme à Lons-le-Saunier (39) ou à Lens (62).

Au-delà des infirmiers sapeurs-pompiers, c’est le manque d’égard à celles et ceux qui contribuent à la mission, que l’on soit aide-soignant, infirmier, médecin…ou sapeur-pompier.

 

Vous me direz, de leur part, nous en avons vu d’autres !

Je vous invite donc à porter une analyse sur le fond de ces propos, et ce qu’ils portent comme stratégie.

Ces représentants cherchent à nous discréditer et à nous diviser.

Ils nous discréditent lorsqu’ils prétendent que nos CTA ne sont pas capables de recevoir correctement les appels provenant de victimes car ils continuent à s’opposer à un 112 réellement interservices tel que nous le promouvons depuis des années.

Ils nous divisent en visant particulièrement les sapeurs-pompiers du SSSM : ils voudraient que nous soyons de dociles brancardiers et porte-valises « sous contrat SAMU », pour reprendre l’expression de la présidente de la SFMU. Mais ils ne tolèrent pas que nous disposions en notre sein d’une expertise et de capacités opérationnelles médicales et paramédicales qui viendrait troubler leur système, surtout au moment où ce système n’a jamais été aussi fragile.

A cet égard, j’invite les collègues directeurs a beaucoup de prudence lorsqu’ils entendent les sirènes d’un chef de service de SAMU qui vient leur expliquer que les pompiers sont formidables, mais qu’ils devraient laisser leur SSSM à la caserne.

 

Souvenez-vous chers amis, nous assurons la quasi-totalité des missions de SUAP et nous le faisons, vous le faites, seuls sur le terrain dans plus de 90% des interventions. Nous ne sommes pas les gros bras écervelés que certains voudraient mener à la baguette pour masquer leurs insuffisances.

 

Travaillons à améliorer encore nos systèmes, faisons évoluer une réglementation devenue obsolète, et d’un autre siècle voire d’une autre ère.

 

Grégory ALLIONE

Président de la FNSPF et de l’ODP

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